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Migrer à contre courant

  • 23 avr.
  • 3 min de lecture

Dans les cinq dernières années, les ancres qui maintenaient notre famille à quai se sont tour à tour levées. Travail, école, maison... Tout est maintenant à bord. Il est temps de dénouer la dernière boucle pour se déimmobiliser. Destination: liberté!


Parfois, j'ai l'impression que la vie adulte est synonyme d'accumulation. Accumulation de responsabilités, de biens, de confort, d'engagements, d'applications, de kilos, de dettes, et je vous laisse compléter la liste. Il y a quelques années, Philippe et moi avons mis un frein à cet engrenage insidieux, refusant de nous enchaîner davantage aux dépendances d'un mode de vie axé sur la consommation et le confort matériel qui rend Homo-consummerus de plus de plus dépendant au camaro, boulot, dodo.


Travailleurs indépendants, nous oeuvrons, par choix, d'où bon nous semble. Or, depuis que nous faisons l'école à la maison avec nos enfants, le dernier noeud qui nous maintenait amarrés au port était notre maison. "Il faut bien loger quelque part", me direz-vous! Oui, mais une maison c'est beaucoup de responsabilités qui s'accumulent. Le jardinage c'est charmant, mais magasiner un couvreur l'est moins. C'est pourquoi, après dix ans de propriétariat en banlieue, nous choisissons de redevenir locataire, en "proxi-living" dans le duplex d'un couple d'amis chers. Je sais, je sens votre incompréhension, j'entends la grogne de ceux qui souhaitent tant bien que mal d'accéder à la propriété, mais laissez-moi le temps de vous expliquer...


De Copenhague à Montréal

Depuis trois ans, il est clair que nous voulons quitter l'endroit que nous habitons depuis bien avant les "zinternets". Ce besoin de changement et de renouveau est devenu pour moi omniprésent et viscéral. Plus profond encore, consciente et irritée par les valeurs véhiculées par la banlieue, nauséeuse devant tous les Smart Centers voleurs de paysages et d'identité culturelle, je me suis dit que je pourrais aller voir ailleurs si j'y suis, afin de soulager mon romantico-mal-de-vivre, ou du moins, en confirmer l'origine. C'est pourquoi, au printemps 2025, notre famille s'est envolée pour un rafraîchissant voyage de 50 jours en France et au Danemark.


Résultat? Non, nous n'avons pas acheté d'appartement dans la plus qu'inspirante Copenhague, mais nous nous sommes posé la question suivante: Après avoir tourné dans le Québec durant quatre ans, quelle ville peut nous offrir un mode de vie semblable aux cités européennes? La réponse courte: Montréal. Mobilité active et durable, commerce de proximité, diversité culturelle, ouverture sur le monde, festivals, universités, musées, jardins, ruelles vertes, communautés d'intérêt, opportunités artistiques... La liste est longue et la vie est courte, alors allons-y gaiement!




Les Laurentides tatouées?

Cette migration n'est pas banale. C'est une prise de position venant d'une personne qui s'est autant investie dans sa communauté et sa région depuis 20 ans, mais ce sujet sera pour un autre article de blog. Donc, je pars, mais évidemment, je transporterai dans la cabine de notre bateau un coffre rempli de souvenirs. Et je remonterai souvent la Rivière-des-Prairies, puis la Rivière-des-Mille-Îles, et celle du Nord et pourquoi pas la Rouge pour m'accoster au coeur de mes origines, au coeur du berceau de ce qui a façonné la femme que je suis.


En attendant, dès la mi-juin 2026, c'est sur l'Île que vous trouverez les Courville-David, quelque part au détour d'une ruelle, d'un café ou d'une bibliothèque, un calepin, un crayon, un bouquin, une caméra, un micro et une lunette d'approche à la main, à la découverte d'un ailleurs pas si lointain, un nouveau territoire de prospection artistique.



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